Le ressenti

09 décembre 2012

Poème d'amour d'un fils à une mère " De mon coeur Vénus à ton âme adressé"

Pendant neuf mois

Durant toute une vie

Infaillible amour

Chair uni

Par les mois séparé

Que l'amour réuni

Qui toujours attentionné

N'a jamais voulu faillir

Fût toujours aimé

Toi qui souffri

De par ma faute

Mille pardons

Un mot dit

Souffre de ne tout dire

Mille de n'être assez

X

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06 novembre 2012

Je ne parle pas

Je ne parle pas de mes peurs,

Je ne parle pas de mes craintes,

Je ne parle pas de mes angoisses,

Je ne parle pas de mes interrogations,

Je ne parle pas de mes doutes,

Je ne parle pas de mes attentes,

Je ne parle pas de mes espoirs,

Je ne parle pas de mes rêves,

Je ne parle pas de mes souhaits,

Je ne parle pas de mes insomnies,

Je ne parle pas de mon fils,

Je ne parle pas de mon mari,

Je ne parle pas des manques,

Je ne parle pas des absents,

Je ne parle pas des défunts,

Je ne parle pas de ma vie tout simplement.

Pourquoi ?

Un jour, certaines personnes m'ont dit :

"c'est trop douloureux,

trop dur à porter,

trop dur à entendre,

il faut que je me protège."

J'ai entendu et j'ai respecté.

J'avais baissé ma garde.

Je m'étais ouverte à elles.

Je m'étais confiée.

Et, j'entends : "il faut que je me protège".

J'ai entendu et j'ai respecté leur demande.

Aujourd'hui, elles se demandent pourquoi ?

Pourquoi ? Pourquoi, je ne parle pas ?

Pourquoi plus d'échange ?

Je les vois toujours et je ne parle toujours pas de moi.

Je ne leurs en veut pas. A chacun son propre fardeau.

Merci pour votre franchise.

Voilà, pourquoi, je ne parle pas de ma vie.

Gantdevelours

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22 septembre 2012

Lettre n°3 A mon fils d'amour Sham

Je ne sais pas si un jour tu liras ces lettres mais pour moi cela m'aide à tenir le cap.

Je ne me fais pas à l'idée que tu veuilles mourir. Que pour toi la seule solution soit la mort.

Jours et nuits, je cherche les raisons de ce mal être.

Libéres toi de ce qui te fait tant souffrir en l'exprimant. N'attends pas que l'on te pose les questions.

Ose le dire. Tu ne pourras pas me faire souffrir plus que je ne souffre. La souffrance est ancrée en moi.

Si tu meurs tu ne pourras pas t'expliquer, donner ta version des faits.

Tu ne supportes pas l'incarcération, je le comprends, je suis claustrophobe. Je pense ressentir les mêmes choses que toi. La peur de la nuit, le silence, les bruits des pas feutrés dans le couloir, cette impression d'étouffement suite à cette angoisse qui monte, les pleurs et les cris des autres détenus, le bruits des clés, ce sas que l'on ouvre et referme à tout moment, personne à qui parler, seul avec soi même. moi, je ne peux pas vivre sans toi. Que deviendrais-je sans toi ? La douleur et la souffrance, me seront insupportable.

Je t'aime mon fils d'amour

Maman

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Lettre d'une maman à son fils n°2

Mon cher fils Sham

Dans la situation où tu te trouves, sache que je suis toujours près de toi par la pensée jour et nuit.

Nous faisons tout ce que l'on peut pour alléger ta souffrance et ta peine derrière ces barreaux.

J'ai mal pour toi. je t'aime énormément. Je t'abandonnerai jamais.

Je t'aime

Maman

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25 août 2012

Lettre à mon fils 1

Dimanche 5 février 2006

Sham,

Nous nous sommes quittés samedi 1 février 2006 lors de notre visite de parloir fâchés.

Tu as l'impression que je me détache de toi et que je ne m'inquiète peu ce qui peut arriver.

Loin de moi cette idée. Jai tout simplement décidé de me protèger psychologiquement d'une très gande souffrance.

J'ai besoin de garder mes forces pour toi. Je t'ai dit que j'accepte ta décision (celle de mettre fin à ta vie) Cela, ne veut pas dire pour autant que je sois d'accord avec celle-ci. Je t'ai toujours dit et, cela, depuis le début du drame, que je ne veux pas que tu meurs mais je ne peux pas t'empêcher de le faire puisque je suis dehors et toi derrière ces barreaux.

Tu as l'impression que nous ne comprenons pas ta souffrance, ton ras-bol d'être incarcéré.

Nous comprenons mais nous ne pouvons pas accepter que tu maltraites ton corps comme tu le fais. Pour toi, à ce jour, le seul moyen d'exorciser cette souffrance, ces angoisses, ces peurs, ces silences, le bruit des clès dans les verrous, les cris, les pleurs des autres détenus est en lacérant ton corps et en avalant des cachets dans l'espoir qu'il n'y est plus de lendemain.

Ne crois pas que notre vie soit sereine et heureuse. Elle est remplie de souffrances, de solitude et d'isolement. Ton absence en fait partie. Nous t'aimons et t'aimerons au-delà de la mort.

Je regrette de n'avoir pu te protèger, de n'avoir pu éviter le drame. De n'avoir rien vue venir.

Je t'envoie de milliers de baisers.

Je t'aime maman.

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17 août 2012

Le ressenti des victimes collatérales

Les parents de détenus, les proches et les amis souffrent d'être mis à l'écart de la société.

Ce ne sont plus que des êtres humains vulnérables psychologiquement et physiquement.

Ils doivent être forts et apprendre à vivre avec cette blessure indélibile.

Ils sont dépressifs ou dans un état suicidaire, certains divorcent, d'autres tombent gravement malades, déménagent, perdent leur emploi, se noient dans l'alcool. Ils essayent de survivre à cette souffrance et à cette absence.

Surtout, ne pas montrer que moralement et physiquement ils sont détruits. Ils craquent très souvent.

Les parents, les conjoints, les proches, les détenus pleurent seuls dans leur coin.

Les familles de détenus, les proches prient pour que survie le détenu aux conditions de l'enfermement et qu'il n'attente pas à sa vie.

Les familles, les conjoints, les proches vivent dans une précarité économique et dans une grande solitute.

Ils apprennent à faire face aux autres la tête haute et le sourire aux lèvres alors que leur coeur saigne.

Leurs nuits sont remplies de cauchemars, d'angoisses, de peurs, ils ne sont plus que l'ombre d'eux mêmes.

Ils appellent à l'aide, personne n'est là, ils n'ont qu'une envie, celle d'abandonner leur vie et de partir loin, loin, très loin et de cèder leur place juste pour un moment, juste le temps de se resaisir.

Certain matin, leur corps temble, leurs mains ne peuvent rien retenir, tout leur échappe. l'angoisse est toujours là, bien présente ainsi que le manque de sommeil. Ils n'ont pas hélas le moyen de modifier ces sentiments et encore moins ceux du détenu.

Les familles, les proches, n'évitent pas le regard des autres, ils sont tout simplement hagard. Ils deviennent sourds aux mots blessants des gens bien intentionnés. ils ne souhaitent qu'une chose : de la tolérance, de la compréhension.

Est-ce trop en demander ?

Gantdevelours

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