Je ne sais pas si un jour tu liras ces lettres mais pour moi cela m'aide à tenir le cap.

Je ne me fais pas à l'idée que tu veuilles mourir. Que pour toi la seule solution soit la mort.

Jours et nuits, je cherche les raisons de ce mal être.

Libéres toi de ce qui te fait tant souffrir en l'exprimant. N'attends pas que l'on te pose les questions.

Ose le dire. Tu ne pourras pas me faire souffrir plus que je ne souffre. La souffrance est ancrée en moi.

Si tu meurs tu ne pourras pas t'expliquer, donner ta version des faits.

Tu ne supportes pas l'incarcération, je le comprends, je suis claustrophobe. Je pense ressentir les mêmes choses que toi. La peur de la nuit, le silence, les bruits des pas feutrés dans le couloir, cette impression d'étouffement suite à cette angoisse qui monte, les pleurs et les cris des autres détenus, le bruits des clés, ce sas que l'on ouvre et referme à tout moment, personne à qui parler, seul avec soi même. moi, je ne peux pas vivre sans toi. Que deviendrais-je sans toi ? La douleur et la souffrance, me seront insupportable.

Je t'aime mon fils d'amour

Maman